Agota

>> D'après le récit autobiographique d'Agota Kristof "L'Analphabète"

La pièce

Agota Kristof (1935-2011), auteure, née en Hongrie, devenue suisse par migration une nuit à travers la forêt.

Je l’ai découverte, il y a une poignée d’années, par hasard, dans le rayon littérature d’une bibliothèque universitaire. « La trilogie des jumeaux » est sans doute son œuvre la plus connue, le premier tome, « Le Grand Cahier » a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2013. Cette écriture tranchante et dénuée d’émotion était sidérante d’efficacité.
J’ai lu ensuite « L’Analphabète, récit autobiographique », dans lequel Agota sème quelques grains de sa vie : son enfance, son départ de Hongrie, son arrivée en Suisse, sa difficulté à apprendre la langue française, le défi d’écrire dans une langue qui restera à jamais étrangère.
Et toujours, ces phrases sans fioritures, sans épanchement, mais qui touchent au-delà du cœur, qui touchent la conscience.
Comment survivre à l’exil et à la perte de tout ce qui a fait votre identité ?
Comment trouver en soi la force de continuer, alors que tout ne semble que fêlures irréparables.
Ecrire pour survivre, créer pour vivre.

Porter ce texte à la scène et le nommer par son prénom pour lui redonner vie.

Catherine Groleau

 

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Extrait

« Un jour, ma voisine et amie me dit :

– J’ai vu une émission à la télévision sur des femmes ouvrières étrangères. Elles travaillent toute la journée en usine, et elles s’occupent de leur ménage, de leurs enfants, le soir.
Je dis :
– C’est ce que j’ai fait en arrivant en Suisse.
Elle dit :
-En plus, elles ne savent même pas le français.
-Je ne le savais pas, moi non plus.
Mon amie est ennuyée. Elle ne peut pas me raconter l’histoire impressionnante des femmes étrangères vues à la télévision. Elle a si bien oublié mon passé qu’elle ne peut imaginer que j’ai appartenu à cette race de femmes qui ne savent pas la langue du pays, qui travaillent en usine et qui s’occupent de leur famille le soir.
Moi, je m’en souviens. »

 

Equipe

Scénographie et mise en scène : Catherine Groleau

Interprétation : Catherine Groleau, Didier Tinlout, Olivia Vidal

Création et régie lumières : Frédérique Lusson

Création sonore : Pierre Neyrial

Régie son : Pierre Neyrial

 

Crédits photos : Pierre Neyrial